Invalidité-décès médecin : indemnités dès le 4e jour, rente jusqu'à 31 549 €, capital de 71 500 €
Maladie, invalidité, décès : la CPAM indemnise du 4e au 90e jour, la CARMF à partir du 91e, jusqu'à 197,51 € par jour. Rente d'invalidité, capital de 71 500 €, rentes du conjoint et des enfants, points de retraite, cumul.
Le médecin libéral n'a pas d'employeur pour maintenir son revenu quand il tombe malade. Sa protection obligatoire tient en deux étages : l'Assurance maladie pendant les 90 premiers jours d'arrêt, puis le régime invalidité-décès de la CARMF, qui coûte en 2026 de 626 € à 1 010 € par an selon le revenu, comme le détaille notre guide des cotisations. Ce qu'il verse, et ce qu'il laisse à la retraite, se regarde avant d'en avoir besoin.
Qui vous indemnise pendant un arrêt de travail ?
Les trois premiers jours, personne. Du 4e au 90e jour, l'Assurance maladie verse 1/730e de votre revenu moyen des trois années précédentes, 197,51 € par jour au plus. À partir du 91e jour, la CARMF prend le relais avec 1/730e de votre revenu de l'avant-dernière année, entre 65,84 € et 197,51 €, pendant 36 mois au plus.
| Période | Qui paie | Montant en 2026 | Conditions |
|---|---|---|---|
| Jours 1 à 3 | personne | délai de carence | |
| Jours 4 à 90 | Assurance maladie | 1/730e du revenu moyen des trois années civiles précédentes, 197,51 € au plus | 12 mois d'affiliation, avis d'arrêt transmis sous 48 heures |
| À partir du 91e jour | CARMF | revenu 2024 jusqu'à 48 060 € : 65,84 € ; de 48 061 € à 144 179 € : 1/730e du revenu ; dès 144 180 € : 197,51 € | cotisations à jour, arrêt déclaré dans les deux mois, 36 mois au plus |
| De 62 à 69 ans | CARMF | taux normal la 1re année, 75 % la 2e, 50 % la 3e | contrôle médical après douze mois |
Déclarez l'arrêt à la CARMF dans les deux mois, sous pli confidentiel au médecin contrôleur ou par votre espace eCARMF, même s'il doit durer moins de 90 jours. Passé ce délai, les indemnités ne courent qu'à partir du 31e jour suivant la déclaration ; et en cas de rechute dans l'année, la franchise de 90 jours peut tenir compte des arrêts précédents. Les indemnités de la CARMF ne se cumulent pas avec celles de la CPAM, et elles sont imposables comme bénéfices non commerciaux. Ce barème vaut pour les droits ouverts depuis le 1er janvier 2025 ; les arrêts plus anciens suivent les règles antérieures.
Combien touche-t-on pour un an d'arrêt ?
Prenons un généraliste de 50 ans, en secteur 1, qui déclare 90 000 € par an. Arrêté toute l'année 2026, il reçoit 123,29 € par jour : 10 726,23 € de l'Assurance maladie pour 87 jours, puis 33 904,75 € de la CARMF pour 275 jours. Au total, 44 630,98 €, soit la moitié de son revenu, avant CSG et impôt.
Son année d'arrêt allège aussi ses cotisations, à condition de demander l'exonération. Les cotisations de base et de complémentaire sont exonérées, dont 10 620 € pour la seule complémentaire, calculée sur son revenu de 2024 ; l'ASV, 3 117 €, et l'invalidité-décès, 794 €, restent dues. Pour sa retraite, l'année inscrit 400 points de base, contre 566,36 pour une année travaillée à ce revenu, et 4 points de complémentaire contre 6,16. Entre 62 et 69 ans, le même arrêt serait réexaminé au bout de douze mois : retraite pour inaptitude, ou indemnités réduites de 25 %, comme l'explique notre guide de la retraite pour inaptitude.
Quels points de retraite pendant la maladie ou l'invalidité ?
La CARMF compense une partie des droits perdus, à condition de le demander. Après six mois d'arrêt dans l'année, la cotisation de base est exonérée et 400 points sont crédités ; la complémentaire, exonérée, crédite 4 points, ou 2 points pour un semestre après 90 jours. Pendant une pension d'invalidité, les années comptent comme cotisées dans les trois régimes.
| Situation | Base CNAVPL | Complémentaire CARMF | ASV |
|---|---|---|---|
| Arrêt d'au moins 90 jours consécutifs | cotisation due | semestre exonéré, 2 points | cotisation due |
| Arrêt d'au moins six mois dans l'année | année exonérée, 400 points | année exonérée, 4 points | cotisation due |
| Exercice avec une invalidité à 100 % et une tierce personne | cotisation due, 200 points en plus | moitié de la cotisation exonérée | cotisation due |
| Pension d'invalidité de la CARMF | années assimilées à des années cotisées | années assimilées | années assimilées |
L'exonération pour raison de santé se demande au service médical de la CARMF, sous pli confidentiel, avant la fin du premier trimestre de l'année suivante, avec un certificat détaillé de votre médecin traitant donnant les dates d'arrêt et de reprise. Les 400 points valent 263,96 € de pension par an. Pour la complémentaire, si l'arrêt chevauche deux années civiles, c'est la cotisation de la seconde qui est exonérée.
Que verse la CARMF en cas d'invalidité ?
Si une maladie ou un accident vous rend totalement et définitivement incapable d'exercer votre profession, la CARMF verse une pension d'invalidité de 23 662 € à 31 549 € par an en 2026, selon votre meilleur revenu des trois dernières années. Elle est majorée pour le conjoint, la tierce personne et les enfants, et versée jusqu'à 62 ans.
Les conditions sont strictes : être à jour de ses cotisations au jour de l'arrêt, avoir cédé ou fermé son cabinet, demander sa radiation de l'Ordre ou son maintien comme « n'exerçant pas ». La pension cesse si vous reprenez une profession de santé, et aucune cotisation CARMF n'est due pendant son service. S'y ajoutent 35 % pour un conjoint marié depuis deux ans dont les ressources restent sous 31 252 € en 2026, 35 % si une tierce personne est nécessaire, 10 % pour trois enfants, et 8 788,52 € par an pour chaque enfant à charge, jusqu'à 21 ans ou 25 ans s'il étudie. L'exemple de la CARMF, un médecin marié avec trois enfants et un revenu inférieur à 48 060 €, aboutit à 61 503,63 € par an. Ces règles s'appliquent aux pensions attribuées depuis le 1er janvier 2025.
Comment passe-t-on de l'invalidité à la retraite ?
Sans démarche. La pension d'invalidité s'arrête au plus tard le premier jour du trimestre civil qui suit vos 62 ans, et la CARMF liquide alors votre retraite automatiquement. La complémentaire reçoit un coefficient de majoration de 13 %, comme une retraite pour inaptitude, et les années d'invalidité y ont déjà inscrit des points.
Pour la base, les périodes de pension d'invalidité comptent dans la durée d'assurance, et si l'inaptitude est reconnue, la base est liquidée sans décote. Un point de vigilance pour les carrières mixtes : la pension d'invalidité ne peut pas être servie avec une retraite, et le médecin qui perçoit une retraite d'un régime obligatoire, même celle de ses années d'hôpital, ne bénéficie plus des garanties du régime invalidité-décès. Liquider tôt une petite pension salariée peut donc coûter cher.
Que touche la famille en cas de décès ?
Si le médecin décède en activité, avant 75 ans et à jour de ses cotisations, la CARMF verse 71 500 € au conjoint marié depuis au moins deux ans, hors impôt sur le revenu. S'y ajoutent une rente au conjoint de moins de 62 ans, de 8 557,20 € à 17 114,40 € par an, et 10 078,48 € par an par enfant.
Le capital ne se désigne pas : il revient au conjoint non séparé de corps, à défaut aux enfants de moins de 21 ans et aux enfants majeurs infirmes à charge, puis aux parents à charge. Le partenaire de Pacs et le concubin n'ont droit ni au capital ni à la rente de conjoint. Celle-ci, majorée de 10 % si le conjoint a eu trois enfants avec le médecin, cesse au remariage, et au premier jour du mois qui suit ses 62 ans, quand la réversion prend le relais. Chaque orphelin reçoit sa rente jusqu'à 21 ans, 25 ans s'il poursuit des études, et 17 114,40 € par an s'il a perdu ses deux parents. Avec deux enfants, la famille perçoit donc 71 500 €, puis de 28 714,16 € à 37 271,36 € de rentes par an. La suite est détaillée dans notre guide de la réversion.
Êtes-vous couvert en cumul emploi-retraite ?
Plus par la CARMF. Dès que vous percevez une retraite, de la CARMF ou de tout autre régime obligatoire, vous ne cotisez plus au régime invalidité-décès : ni indemnités journalières de la caisse, ni pension d'invalidité, ni capital décès. L'Assurance maladie vous indemnise 60 jours au plus sur toute la retraite. Les rentes du conjoint et des orphelins restent dues.
Le médecin qui exerce après sa retraite porte donc seul le risque d'un arrêt long, sauf contrat personnel. Les règles du cumul, et ce qui change pour les retraites prises à partir de 2027, sont dans notre guide du cumul emploi-retraite.
Notre outil d'estimation calcule vos trois pensions à partir de vos points, années d'arrêt comprises. Le bilan fait par un expert vérifie que vos exonérations et vos points gratuits figurent bien sur vos relevés, et chiffre ce que la prévoyance et la réversion laisseraient à votre famille.
Questions fréquentes
À partir de quel jour la CARMF verse-t-elle des indemnités journalières ?
À partir du 91e jour d'arrêt total, si vous êtes à jour de vos cotisations et avez déclaré l'arrêt dans les deux mois. Du 4e au 90e jour, c'est l'Assurance maladie qui indemnise. En 2026, avant 62 ans, la CARMF verse 1/730e du revenu 2024, 65,84 € par jour au moins et 197,51 € au plus, pendant 36 mois au maximum.
Quel est le montant du capital décès de la CARMF en 2026 ?
71 500 €, versés en une fois si le médecin décède avant 75 ans, affilié et à jour de ses cotisations, en activité ou titulaire de la pension d'invalidité. Ils reviennent au conjoint marié depuis deux ans, à défaut aux enfants de moins de 21 ans, puis aux parents à charge. Le capital n'est pas soumis à l'impôt sur le revenu.
Un médecin en cumul emploi-retraite est-il couvert en cas de maladie ?
Plus par la CARMF. Dès qu'il perçoit une retraite, il ne cotise plus au régime invalidité-décès et n'a plus droit aux indemnités journalières de la caisse, à la pension d'invalidité ni au capital décès. L'Assurance maladie l'indemnise 60 jours au plus sur toute sa retraite. Les rentes du conjoint de moins de 62 ans et des orphelins restent dues.
Une longue maladie fait-elle perdre des droits à la retraite ?
Moins qu'on ne le craint, si l'exonération est demandée. Après six mois d'arrêt dans l'année, la cotisation de base est exonérée et 400 points sont crédités, la complémentaire en crédite 4 ; après 90 jours, un semestre de complémentaire est exonéré avec 2 points. Les années de pension d'invalidité comptent comme cotisées. L'ASV, elle, reste due.
Sources
- CARMF, guide « Incapacité temporaire et invalidité », édition juin 2026 : indemnités journalières à partir du 91e jour, montants 2026 selon le revenu de 2024, durée de 36 mois, abattements entre 62 et 69 ans, exonérations, pension d'invalidité et majorations, rentes des enfants, points de retraite, situation du cabinet et de l'inscription à l'Ordre
- carmf.fr, « Chiffres clés 2026 » de la prévoyance, et page « Taux » du 15 janvier 2026 : cotisation invalidité-décès de 626 € sous 48 060 €, 434 € plus 0,40 % du revenu jusqu'à 144 179 €, 1 010 € au-delà ; exemples de cotisations 2026 pour 90 000 € de revenu
- carmf.fr, rubrique « Réductions » (consultée le 14 octobre 2026) : exonération pour raison de santé, 400 points de base, 2 ou 4 points de complémentaire, 200 points pour l'invalide qui exerce avec l'aide d'une tierce personne
- CARMF, guide « Droits et formalités au décès du médecin ou du conjoint collaborateur », édition juin 2026 : indemnité décès de 71 500 €, bénéficiaires, rente temporaire du conjoint de 8 557,20 € à 17 114,40 €, rentes d'orphelin de 10 078,48 € et 17 114,40 €
- ameli.fr, « Arrêt de travail pour maladie ou accident : les indemnités journalières du professionnel libéral », 1er septembre 2026 : indemnisation du 4e au 90e jour, 1/730e du revenu annuel moyen des trois dernières années, 197,51 € au plus, 12 mois d'affiliation, 60 jours en cumul emploi-retraite
- Guide CARMF « Préparez votre retraite en temps choisi », juin 2026, p. 14 (attribution automatique de la retraite aux bénéficiaires de la rente d'invalidité) et p. 19 (fin de la couverture invalidité-décès en cumul, rentes maintenues)
- Arrêté du 10 juillet 2026 portant approbation des règlements de la section professionnelle des médecins (JORF du 17 juillet 2026), annexe : règlement invalidité-décès, art. 2 à 5 ter ; règlement du régime complémentaire, art. 4 (coefficient de majoration de 13 % à la retraite de l'invalide)

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