Retraite MédecinsCommander

Retraite du praticien hospitalier : Ircantec, régime général et limite d'âge à 67 ans (2026)

Un praticien hospitalier cotise au régime général et à l'Ircantec, pas à la CARMF sauf activité libérale. Points 2026, décote, limite d'âge de 67 ans, prolongation, retraite progressive, cumul en 2027 et hospitalo-universitaires.

Claude-Henri Poitou
Par Claude-Henri Poitou, fondateur de Compétence Retraite · publié le 14 octobre 2026

Un praticien hospitalier ne cotise pas à la CARMF pour son activité salariée. Sa retraite vient du régime général, qui ne retient les émoluments que jusqu'au plafond de la Sécurité sociale, et de l'Ircantec, qui les prend en compte au-delà. La CARMF s'y ajoute en cas d'activité libérale à l'hôpital, et une pension de fonctionnaire pour les hospitalo-universitaires. Voici les règles 2026, la limite d'âge et ce qui reste possible ensuite.

Quels régimes versent la retraite d'un praticien hospitalier ?

Deux régimes pour l'activité hospitalière : le régime général, sur vos émoluments dans la limite du plafond de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026), et l'Ircantec, sur la totalité. Une activité libérale à l'hôpital relève en plus de la CARMF. Les hospitalo-universitaires titulaires ajoutent une pension de fonctionnaire de l'État pour leur part universitaire.

SituationBaseComplémentaireAssiette Ircantec
Praticien hospitalier sans activité libéraleRégime généralIrcantecTotalité des émoluments et indemnités
Praticien hospitalier avec activité libéraleRégime général, et base CNAVPL sur les honorairesIrcantec, et complémentaire CARMF, plus l'ASV si l'activité est conventionnéeDeux tiers des émoluments
PU-PH, MCU-PH titulairesPension civile de l'État sur la part universitaireRégime additionnel sur les primes universitaires, Ircantec sur la part hospitalièreTotalité des émoluments hospitaliers, deux tiers avec activité libérale

Combien rapporte une année d'Ircantec ?

L'Ircantec achète des points avec une cotisation théorique : 5,60 % des émoluments jusqu'au plafond (tranche A), 15,60 % au-delà (tranche B), divisés par le salaire de référence, 5,787 € en 2026. Chaque point vaut 0,56053 € de pension annuelle. À 100 000 € d'émoluments, une année rapporte 1 865,22 points, soit 1 045,51 € de pension par an.

Vous cotisez davantage que ce qui crée des points : les taux d'appel 2026 sont de 7,11 % en tranche A (2,84 % pour vous, 4,27 % pour l'hôpital) et de 19,81 % en tranche B (7,06 % et 12,75 %). La tranche B s'arrête à huit fois le plafond. Le calcul suppose 100 000 € d'émoluments et d'indemnités soumis à cotisation, à temps plein.

Une année en 2026Sans activité libéraleAvec activité libérale
Assiette Ircantec100 000 €66 667 € (deux tiers)
Points de la tranche A : 48 060 € × 5,60 % ÷ 5,787 €465,07465,07
Points de la tranche B : part au-delà de 48 060 € × 15,60 % ÷ 5,787 €1 400,15501,58
Pension Ircantec acquise, par an1 045,51 €541,84 €
Régime général4 trimestres, salaire retenu jusqu'à 48 060 €4 trimestres, salaire retenu jusqu'à 48 060 €

Lecture : l'activité libérale divise presque par deux ce que l'Ircantec acquiert, les honoraires achetant en échange des points CARMF. Au régime général, la pension se calcule sur le salaire annuel moyen des 25 meilleures années, chacune plafonnée, au taux de 50 % au plus et au prorata de vos trimestres dans ce régime : au-delà du plafond, seule l'Ircantec suit vos émoluments.

Que coûte un départ avant le taux plein ?

Le taux plein s'apprécie tous régimes confondus : durée requise de votre génération, ou 67 ans. Avant, le régime général réduit son taux de 0,625 point par trimestre manquant, soit 1,25 % de la pension, et l'Ircantec retire 1 % par trimestre jusqu'au douzième, 1,25 % au-delà. Après le taux plein, chaque trimestre cotisé majore au contraire vos pensions.

L'Ircantec a deux surcotes : 0,625 % de vos points par trimestre cotisé entre la date du taux plein et 67 ans, environ 2,5 % par an, puis, pour les affiliés nés à partir de 1955, 0,75 % par trimestre écoulé entre 67 ans et la liquidation, soit 3 % par an. Le régime général majore sa pension de 1,25 % par trimestre cotisé après l'âge légal et la durée requise. Exemple : douze trimestres manquants font tomber le taux du régime général de 50 % à 42,5 %, soit 15 % de pension en moins, et retirent 12 % à l'Ircantec.

Jusqu'à quel âge un praticien hospitalier peut-il exercer ?

La limite d'âge des praticiens hospitaliers nés à partir de 1955 est de 67 ans. Une prolongation de 36 mois au plus peut être accordée, sous réserve d'aptitude médicale : l'exercice statutaire peut donc aller jusqu'à 70 ans. Retraité, un médecin peut, aux conditions fixées par décret, exercer à l'hôpital public jusqu'à 75 ans, jusqu'au 31 décembre 2035.

La demande de prolongation part au directeur général du Centre national de gestion et au directeur de l'établissement, six mois au moins avant vos 67 ans. Elle est accordée par périodes de six mois ou d'un an, après avis du président de la commission médicale d'établissement et du chef de pôle, au vu du certificat d'un médecin agréé, puis renouvelée tacitement sur certificat médical adressé trois mois avant l'échéance. L'administration peut refuser un renouvellement sur avis motivés, notifié deux mois avant. Pendant la prolongation, vous restez praticien hospitalier : vous cotisez, sans pension, et vos trimestres peuvent produire une surcote.

Les 75 ans viennent d'un autre texte : l'article 138 de la loi du 9 août 2004, modifié par la loi du 27 décembre 2023 dite loi Valletoux puis par la loi de financement pour 2026, porte la limite d'âge à 75 ans pour les médecins, et à 72 ans pour les infirmiers, dans les établissements publics de santé et leurs centres de santé. Il vise les médecins désignés par un décret en Conseil d'État ; c'est la loi de 2023 qui avait porté cette limite à 75 ans pour les médecins exerçant en cumul emploi-retraite.

Un praticien hospitalier peut-il partir en retraite progressive ?

Oui. Pour sa retraite, le praticien hospitalier relève du régime général et de l'Ircantec, comme un agent contractuel. La retraite progressive suit donc les règles des salariés : 60 ans, 150 trimestres tous régimes et une activité à temps partiel. Vous percevez une fraction de vos pensions tout en continuant d'acquérir des droits.

La fraction versée est égale à 100 % moins votre quotité de travail : à 60 %, vous touchez 40 % de vos retraites. L'Ircantec verse la même fraction et vos cotisations continuent de produire des points. La demande se fait en ligne sur info-retraite.fr, au plus tôt cinq mois avant la date souhaitée. Si vous exercez aussi en libéral, voyez la retraite progressive du médecin libéral.

Que change une activité libérale à l'hôpital ?

Elle ajoute une carrière à la CARMF : base CNAVPL, complémentaire et, si l'activité est conventionnée, ASV, sur vos honoraires. En contrepartie, l'Ircantec ne retient plus que les deux tiers de vos émoluments. Les trimestres ne dépassent jamais quatre par an au total, mais les points des deux carrières s'additionnent, et chaque caisse versera sa propre pension.

Au départ, la retraite CARMF prend effet au premier jour d'un trimestre civil, celle du régime général au premier jour d'un mois : comment articuler les deux carrières.

Reprendre à l'hôpital une fois retraité : que change 2027 ?

Pour les retraites prenant effet à partir du 1er janvier 2027, le cumul dépend de l'âge. Avant l'âge légal, la pension baisse du montant des revenus d'activité. Entre l'âge légal et 67 ans, elle baisse de la moitié du dépassement d'un seuil fixé par décret, 7 000 € par an selon le projet. Dès 67 ans, le cumul redevient intégral.

Le décret fixant le seuil n'était pas publié début octobre 2026 ; l'Assurance retraite l'attend avant la fin de l'année. Selon la CARMF, les revenus d'une activité d'intérêt général ou concourant à un service public ne devraient pas être retenus, liste elle aussi renvoyée à un décret. Les retraités d'avant 2027 gardent les règles actuelles. Calendrier, exemples et exceptions : le cumul emploi-retraite des médecins en 2027.

Et les hospitalo-universitaires ?

Les PU-PH et MCU-PH titulaires cumulent deux statuts, donc plusieurs pensions. Leur part universitaire est celle d'un fonctionnaire de l'État : pension civile calculée sur le traitement indiciaire, et régime additionnel de la fonction publique sur les primes. Depuis le 1er septembre 2024, leur part hospitalière cotise à l'Ircantec, et non plus au régime additionnel.

L'assiette Ircantec est la totalité des émoluments hospitaliers et indemnités, ou les deux tiers avec une activité libérale, déclarée en tranche A sans plafond. Les taux sont propres : 4,168 % pour vous et 7,60 % pour l'établissement en taux théoriques, qui créent les points, 5,29 % et 9,65 % en taux d'appel depuis le 1er janvier 2026. La réforme découle de la loi du 27 décembre 2023 et des décrets du 8 juillet 2024.

Notre outil Quand puis-je partir ? situe votre âge légal, le taux plein tous régimes et la décote à chaque date. Le bilan fait par un expert calcule vos pensions du régime général, de l'Ircantec et, le cas échéant, de la CARMF, et compare prolongation, retraite progressive et cumul sur votre dossier.

Questions fréquentes

Mon hôpital peut-il refuser de prolonger mon activité au-delà de 67 ans ?

Oui. La prolongation n'est pas un droit : le Centre national de gestion l'accorde après avis du président de la commission médicale d'établissement et du chef de pôle, sous réserve d'une aptitude attestée par un médecin agréé. Demandez-la six mois au moins avant vos 67 ans. Un renouvellement peut aussi être refusé sur avis motivés, notifié deux mois avant l'échéance.

Un praticien hospitalier peut-il partir en retraite progressive ?

Oui. Pour sa retraite, le praticien hospitalier relève du régime général et de l'Ircantec, comme un agent contractuel : la retraite progressive suit les règles des salariés, dès 60 ans avec 150 trimestres tous régimes et une activité à temps partiel. Vous percevez une fraction de vos pensions égale à 100 % moins votre quotité de travail, et l'Ircantec verse la même fraction.

Jusqu'à quel âge un médecin retraité peut-il travailler à l'hôpital public ?

La limite d'âge de droit commun est de 67 ans. Pour les médecins désignés par un décret en Conseil d'État, elle est portée à 75 ans dans les établissements publics de santé et leurs centres de santé, à titre transitoire jusqu'au 31 décembre 2035. C'est la loi du 27 décembre 2023 qui avait porté à 75 ans cette limite pour les médecins exerçant en cumul emploi-retraite.

Les hospitalo-universitaires cotisent-ils à l'Ircantec ?

Oui, depuis le 1er septembre 2024, pour leur activité hospitalière : les PU-PH et MCU-PH titulaires cotisent à l'Ircantec sur la totalité de leurs émoluments hospitaliers, ou sur les deux tiers s'ils exercent une activité libérale. Leur part universitaire reste celle d'un fonctionnaire de l'État : pension civile sur le traitement indiciaire et régime additionnel sur les primes.

Sources

  • Ircantec, paramètres 2026 (page employeur, consultée le 14 octobre 2026) : salaire de référence 5,787 €, taux d'appel et taux théoriques des tranches A et B, taux des PU-PH et MCU-PH
  • Ircantec, valeur de service du point : 0,56053 € au 1er janvier 2026 ; minoration de 1 % puis 1,25 % par trimestre manquant, surcotes de 0,625 % et 0,75 % par trimestre (arrêté du 11 septembre 2023)
  • Base Ircantec, assiette des praticiens hospitaliers depuis le statut unique du 7 février 2022 : totalité des émoluments sans activité libérale, deux tiers avec
  • Code de la santé publique, art. R. 6152-328 (limite d'âge de 67 ans), R. 6152-329 à R. 6152-332 (procédure de prolongation) et R. 6152-814 (prolongation de 36 mois au plus), versions en vigueur en octobre 2026
  • Loi n° 2004-806 du 9 août 2004, art. 138, modifié par la loi n° 2023-1268 du 27 décembre 2023 (art. 4) et la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (art. 102) : limite d'âge de 75 ans pour les médecins jusqu'au 31 décembre 2035
  • Décrets n° 2024-765 et n° 2024-767 du 8 juillet 2024 : hospitalo-universitaires titulaires affiliés à l'Ircantec pour leur activité hospitalière au 1er septembre 2024
  • Service-public.gouv.fr, Retraite progressive de l'agent public (vérifié le 1er septembre 2025) ; L'Assurance retraite, Cumuler emploi et retraite : les règles changent (mis à jour le 24 septembre 2026) ; Lettre CARMF n° 50, mai 2026
  • Mémento de la protection sociale 2026, fiches 4, 7, 9 et 10 (régime général, Ircantec, pension de l'État, régime additionnel de la fonction publique)
Claude-Henri Poitou
Votre situation a ses particularités ?

Années d'internat et d'hôpital, ligne ASV, années de dispense, enfants, service national : ce que l'outil ne voit pas se vérifie sur vos pièces. Écrivez-nous : nous vous répondons gratuitement.

À lire aussi